Le blog quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (Louis Arjaillès, aussi). Maison de confiance depuis 2007.


Tombe, Victor !

Tombe, Victor !
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jeudi 20 juillet 2017

Jeux d'enfants

Michael et David par Daniel van Flymen

Là-bas, près des étangs


Pain d'avant, constatations


1 Les baguettes étaient beaucoup plus longues.
2 On pouvait choisir, ce qui permettait d'éviter les "et avec ça ?" ou les "ce s'ra tout ?" de la vendeuse.
3 On ne pouvait pas draguer  (voit l'écriteau).

mercredi 19 juillet 2017

Beau comme l'Antique

Photo Mikel Marton

Un si gentil garçon


Certes, une image ne peut refléter l'âme,
mais je trouve qu'il y a de la bonté dans ce visage.
Ugo me signale qu'il s'agit d'Aidan fouloulou Faminoff canadien de 19 ans, champion de plongeons de haut vol.

Tom of Finland : aujourd'hui sur les écrans



Synopsis
Touko Laaksonen, officier héroïque de la Seconde Guerre mondiale, est de retour en Finlande. Mais la vie à Helsinki n’est pas de tout repos. La persécution contre les homosexuels est insidieuse les contraignant le plus souvent à se marier et avoir des enfants. Touko trouve alors refuge dans l’art dessinant dans le plus grand secret des hommes musclés, désinhibés et fiers d’être gays.




On ne peut pas dire que les dessins de Tom of Finland soient conformes à mes goûts. Mais ils font partie de l'imagerie gay, et, pour certains, sont éminemment "cultes".
L'histoire de leur créateur présente cependant un réel intérêt, que cette biographie filmée (biopic pour les anglophiles) retrace avec une apparente rigueur.
Le film sera donc au programme de mes prochaines incursions en salles obscures. 
 

lundi 17 juillet 2017

Triton*


* Troublante androgynie : "Tequila Sunrise" me fait remarquer à juste titre qu'en l'occurrence, il s'agit d'une sirène !
La photo est signée Kate Bellm.

Distraction de saison

Photo Karel Egermeier
Le premier commentateur qui emploie les verbes "tirer" et "pointer" est privé de GC pendant un mois, avisse !

Le chemin des contrebandiers (Tombe, Victor ! Livre 2) Extrait 11

Les remparts d'Antibes sous la neige - Photo Caro, Zphoto
Longtemps, j’ai porté des culottes courtes. Été comme hiver. Jusqu’au 3 février 1968. J’ai gagné ce jour-là le droit au pantalon long et ça ne devait rien au combat que je menais depuis plusieurs mois pour l’acquérir : c’est l’hiver, exceptionnellement rigoureux, qui eut raison des dernières réticences de ma mère. La neige avait fait un raid nocturne qui avait valu à la Côte d’Azur d’ouvrir le journal télévisé de Léon Zitrone : batailles de boules de neige, à Nice, sur la Promenade des Anglais, skieurs de fond sur notre plage de la Salis, voitures paralysées sur le boulevard Foch, et l’on se racontait, au collège, des histoires de bateaux bloqués dans les eaux glacées du port, et j’avais fait croire à Jean-Paul Luciani qu’on pouvait même aller y patiner, et que oui, je savais drôlement bien patiner, d’abord, et qu’Alain Calmat, notre presque champion olympique, n’avait qu’à bien se tenir.
Un vent sournois, incisif, s’était levé au milieu de la matinée, auquel je pus être reconnaissant d’être à l’origine de la décision maternelle de me conduire sans barguigner à "L’homme Impeccable" pour m’habiller de pied en cap. Oh, je n’avais rien d’un Brummel, avec mon épais col roulé sous le duffle-coat trop grand pour moi, et le pantalon de laine grise tirebouchonnait en attendant l’ourlet qui lui donnerait une allure plus convenable. Mais, merci les bourrasques, merci les tempêtes, merci les tourbillons neigeux et tous les déchaînements que l’on voudra, je l’avais, mon pantalon !
Ma joie ne trouva aucun écho chez ma mère pour laquelle ce fut sans doute un arrachement : son petit garçon, son dernier, son préféré, passait à l’étape suivante, rejoignait la cohorte des jeunes hommes.
Elle aurait encore un répit, l’été suivant, où elle m’offrit un bermuda, trouvant, sans qu’elle le sût jamais, un allié de choix en la personne de Victor Panella qui n’aimait rien tant que de promener sa main sur mes « jambes de fille ».
Tout récemment, j’ai dû à nouveau ferrailler avec elle pour obtenir mon premier blue-jean, qu’elle s’obstine, à mon grand dam, à repasser soigneusement en marquant le pli comme on le ferait pour un pantalon de costume.
Les jeans à « pattes d’eph » (pour « pattes d’éléphant ») sont l’uniforme de ma génération, que l’on porte bien moulants, avec des chemises cintrées et des mocassins à talons compensés surmontés de grosses boucles de métal.
Je deviens plus élégant, un « minet » comme dans la chanson de Jacques Dutronc, d’autant que je donne des cours de piano et accompagne les danseuses du cours Irène Poppard, près du nouveau port de plaisance qui a pour vocation de devenir l’un des plus importants d’Europe, ce qui me permet d’agrémenter quelque peu mon ordinaire.
Je n’ai pas fait fortune pour autant, et rachète les fringues dont s’est lassé Bernard Grangier, un « terminale » chez lequel je me rends avec la trouille au ventre, car Gilles Barbieri prétend que c’est un pervers qui a un vice des plus incroyables : il collectionnerait dans de petites fioles le sperme de tous ses camarades !
À suivre)
(c) Louis Arjaillès - Gay Cultes 2017
Précédemment : clic

Oh Louis !

Louis Garrel | Ma mère - Christophe Honoré 2004

dimanche 16 juillet 2017

Vrooooom vrooooom


Bon dimanche !


Louis Mayhew par Karl Simone


Pasolini, années 50

Toti Sciaoja :  Pier Paolo Pasolini au bord du Tibre,  Rome

Nouvelle étoile



Le contre-ténor Jakub Józef Orliński chante l'air Vedro con mio diletto extrait de l'opéra d'Antonio Vivaldi Il Giustino. Accompagnement : Alphone Cemin (piano).
Enregistrement en direct d'Aix-en-Provence dans le cadre de l'émission spéciale du Carrefour de Lodéon, le 8 juillet 2017.

Ce n'est pas rien.
C'est le cadeau du jour.

La vie est une loterie

samedi 15 juillet 2017

Emmenez-moi !

Il n'a pas dû
attendre
bien
longtemps.
(Je mettrai le même short au salon du livre gay, samedi prochain)

J'aime mes genoux

Photo Ivan Frank

Bouge !


La Grande Bellezza (colonna sonora) - Far l'amore comincia tu (Bob Sinclair - Raffaella Carrà)

Gerontophilia

J'ai enfin découvert ce film, et l'ai beaucoup aimé.
De plus, lui...


Le hic : je suis beaucoup trop jeune pour lui.
La vie est mal faite.

jeudi 13 juillet 2017

Belles finitions


Rome, Villa Fournaise

Il était une fois à Rome



Fin d'après midi : on accorde le Steinway de concert.
Ennio Morricone, 89 ans aux prochaines châtaignes, se produisait au Foro Italico vendredi dernier, devant une foule de mélophiles, ou de cinémanes, comme on voudra, public italien fidèle et dévoué au Maestro, lequel, désormais, dirige assis le grand orchestre symphonique et des chœurs dignes de la 9ème de Beethoven.
C'était une raison suffisante pour prendre l'un des chemins qui mènent à Rome : la voie des airs, en l'occurrence.
La tournée européenne du compositeur a pour titre 60 ans de cinéma. Elle permet de dérouler en musique une carrière bien remplie, où le cinéma politique (La bataille d'Alger ou Enquête sur un citoyen au dessus de tout soupçon, par exemple) alterne avec un cinéma-spectacle de haute volée (Il était une fois en Amérique et tous les Sergio Leone). Le concert de deux heures ne peut offrir la totalité d'une œuvre pléthorique, engendrant quelques frustrations : quelques mesures de "l'Amérique" qui compte pourtant cinq thèmes magnifiques, quand on se passerait du Professionnel, scie qui m'évoque une publicité pour aliments destinés aux toutous. Mais, enfin restituées telles qu'elles furent orchestrées pour les films (l'harmonica de Bronson, lancinant, ou les chœurs latino de Mission) les œuvres de ce musicien auquel le cinéma doit tant sont à la fois "classiques" et d'une inventivité sonore prodigieuse.

Rome à bout de nerfs


Pour le concert, la nuit s'était faite toute douce autour de ce Foro Italico si difficile à atteindre par transports en commun quand on réside à l'autre bout de la ville.
J'ai noté avec bonne humeur - pour les Italiens, je suis toute indulgence - que, malgré les annonces prohibant la prise de photos ou de vidéos, des centaines de smartphones captaient la soirée sans vergogne. Je suis évidemment contre ces captations sauvages qui abondent sur YouTube, qui transforment de purs moments de bonheur musical en cauchemar acoustique et visuel. C'est ainsi de nos jours : chaque possesseur de machins à X pixels, se prend pour Kubrick et répand sa daube sur Internet, dévalorisant le talent qu'il veut faire partager : tu parles d'un partage, ce n'est que de l'ego "eh, t'as vu, j'y étais, Moi !".

Qui me suit de plus ou moins près sait mon amour pour Rome.
Juillet n'est pas la meilleure période pour y séjourner : la chaleur accablante rend toute démarche digne des travaux d'Hercule.


De plus, l'ambiance n'est pas au beau fixe chez nos amis les Romains, lesquels semblent se mordre les doigts d'avoir porté à la tête de la commune une avocate issue du parti "populiste" 5 Stelle.
Il semblerait que ces gens fassent preuve en matière de gestion de la capitale de l'Italie d'une incompétence crasse.
Il suffit pour s'en aviser de se rendre dans l'autrefois si pittoresque Trastevere, dorénavant envahi par des hordes de touristes, un enfer ! La piazza Santa Maria in Trastevere est désormais la proie de margoulins qui exécutent de hideux tableaux à l'aide de bombes hautement polluantes (finition au chalumeau, s'il vous plaît), pendant que se succèdent dans les ruelles des troupes d'ados (même pas envie de les regarder, tiens !) de cinquante à soixante têtes de bétail par troupeau.
Par ailleurs, les lieux, dès l'arrivée par le tram, sont jonchés d'immondices divers, de matières plastiques accumulées le long des édifices. J'y vois, médusé, un quidam laver sa chemise dans la fontaine sous l’œil indifférent de touristes lobotomisés tout à leur perches-à-selfies.
J'en parle au charmant réceptionniste de l'hôtel, qui lève les yeux au ciel et me dit que depuis l'arrivée des nouveaux édiles, c'est de pire en pire, et que la police municipale fait mine d'ignorer ces flagrantes agressions à l'hygiène la plus élémentaire.
De nombreuses associations se sont liguées pour organiser une manifestation qui a eu lieu le mois dernier et a réuni une foule impressionnante sur la place du Capitole.
Il subsiste quelques affiches appelant à cette protestation. Les photos peu ragoutantes (agrandir l'image) donnent une idée de l'ampleur des dégâts.
Le thème de la manifestation était "Dalle stelle alle stalle !" en référence au mouvement "5 stelle" qui gère (si l'on peut dire) la ville.

Ballets bleus vaticanesques

 

San Giovanni in Laterano
Évidemment, vous n'ignorez pas le nouveau scandale qui éclabousse le Vatican : le secrétaire d'un cardinal des mieux placés dans la hiérarchie organisait des petites sauteries réservées aux hommes, que des voisins, alertés par les allées et venues et par le bruit, ont signalées à la police qui a découvert une scène d'orgie... romaine, tiens !
Un site d'informations précisait que les orgies entre hommes ne sont point interdites mais que c'est la quantité de drogues diverses découvertes sur les lieux qui engendrera des poursuites pénales.
Quant aux sanctions papales, ça n'a pas traîné : curé-secrétaire viré, et cardinal prié de prendre une retraite anticipée.
On attend, chez nous, la réaction de Crétine Boutin à ces "abominations".


Gourmandises d'origine

 

C'est chez Pompi que l'on trouve le meilleur Tiramisù de Rome, si !
C'est Via Albalonga 7, tout près de San Giovanni, et encore plus près de la Piazza Re di Roma. On peut s'y attabler (glaces délicieuses également, tavola calda, panini...) ou emporter son précieux gâteau (4 euros mérités !).
Je crois qu'il y a d'autres adresses à Rome.




Pas de chance : vous ne les voyez pas dans leur intégrité, tels que je les vis, déambulant dans le Palazzo delle Esposizioni qui présente une très belle exposition de photos des "Icônes de Hollywood". Mais ces deux garçons ni barbus ni tatoués étaient beaux à en chavirer. J'en ai cassé mon éventail.



Audrey, bien sûr !

Un peu de tout 


Vous avez cassé le talon de l'un de vos escarpins Louboutin ?
Dans sa roulotte bien équipée, ce gentil cordonnier effectuera une réparation express et vous pourrez aller danser sur A far l'amore comincia tu de Raffaela Carrà, comme dans La grande bellezza.







Ici, même les poubelles font dans le mystique..
 




Ce musicien, vraisemblablement Roumain, accorde son cymbalum après un magnifique Libertango d'Astor Piazzola.
Ce petit ensemble de musiciens anime la Via del Corso non loin de la Galleria Alberto Sordi (le vrai Roi de Rome !).
D'ailleurs, c'est dans un trattoria toute proche, que je retrouve la photo du grand acteur romain aux côtés de Lea Massari, dans Una vita difficile de Dino Risi, qui est sans doute l'un des dix plus beaux films du monde à mes yeux.
Il en faut parfois peu pour être comblé.
Ciao !
De plus, c'est l'une des plus belles scènes de ce chef-d’œuvre.


Oh ouiiiiiiiiiiiiiiii, l'été !